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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 03.08.2007

 

À LA UNE

Les soignants bulgares ont-ils été libérés contre des armes ?

Les soignants bulgares ont-ils été libérés contre des armes ?

 

Selon différentes sources, la Libye viendrait de signer plusieurs importants contrats d'armement avec la France. Ces informations alimentent la polémique sur les contreparties qui auraient été consenties à Tripoli pour la libération des soignants bulgares. L'Etat français affirme de son côté qu'aucun contrat n'a été conclu pendant les négociations. La presse regrette le manque de transparence dans cet épineux dossier.

Extraits des publications suivantes:
Libération - France, Der Tagesspiegel - Allemagne, Postimees - Estonie

Libération - France

"Il y a le temps des louanges et celui des questions", affirme Fabrice Rousselot. "Les déclarations de Saïf al-islam Khadafi [un des fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi] et l'annonce hier soir par une source libyenne de la signature d'un contrat d'armement pour 168 millions d'euros mettent à mal les démentis peu convaincants et pourtant répétés du président français. A trop vouloir nous faire croire que la seule force de conviction de son épouse avait permis un miracle, Sarkozy se retrouve aujourd'hui à devoir gérer une opération de com' qui a mal tourné. Alors que chacun sait pertinemment que depuis 'l'ouverture' libyenne de 2004, la France s'est mise sur les rangs de la course aux contrats militaires avec Tripoli. A un moment ou à un autre, il faudra bien que le Président s'explique clairement sur l'affaire des infirmières et fasse œuvre de transparence. Lui qui, il y a quelques mois encore, battait campagne sur le thème d'une 'République irréprochable'." (03.08.2007)

Der Tagesspiegel - Allemagne

Selon Hans-Hagen Bremer, tout ne doit pas forcément être rendu immédiatement public en matière de diplomatie."Dans l'affaire des infirmières bulgares, en faveur desquelles Nicolas Sarkozy est intervenu avec fracas, la dissimulation des accords conclus avec la Libye ne se justifiait toutefois en rien. Le fait que le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner ait nié devant le Parlement l'existence d'un accord militaire signé par Nicolas Sarkozy en parallèle de l'accord sur le nucléaire, offre un triste spectacle. Soit Bernard Kouchner, absent lors de la signature, n'a pas été informé par son chef, ce qui signifie qu'il y a peut-être quelque chose à cacher, soit les déclarations de Saïf al-islam Khadafi n'ont rien à voir avec la réalité. Quoi qu'il en soit, cette affaire est fâcheuse pour un président qui a promis plus de transparence en matière de politique étrangère, et elle sera d'autant plus fâcheuse tant que Sarkozy fera des cachotteries." (03.08.2007)

Postimees - Estonie

Karin Volmert critique le contrat d'armement conclu par la France avec la Libye car il contribue au réarmement du Proche-Orient. "Les hommes politiques ont trouvé un nouveau passe-temps : ils échangent des personnes contre des missiles. Ainsi, la France aujourd'hui livre une technique d'armement d'une valeur de plusieurs millions à la Libye en échange des soignants bulgares. (...) Il est naturellement appréciable que l'affaire ait été rendue publique. Après l'accord d'armement passé avec l'Arabie Saoudite, Washington pourra maintenant également reprocher à la France de contribuer à l'armement du monde musulman." (03.08.2007)

RÉFLEXIONS

Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

Reinhard Kaiser et l'immixtion de la justice dans l'Histoire

L'auteur allemand Reinhard Kaiser doute du bien-fondé des "lois mémorielles" qui font de la négation de l'Holocauste ou de génocides des délits pénalement répréhensibles. "La plausibilité de l'Holocauste en prend un coup lorsque son caractère improbable est rendu tabou. (...) Il est possible que l'Holocauste perde encore de sa crédibilité dans un futur pas si lointain. Avec le temps qui passe, la disparition des survivants pouvant encore apporter leur témoignage, l'estompage des souvenirs transmis d'une génération à une autre, l'intégration d'un nombre croissant d'hommes et de femmes originaires de pays au passé culturel et historique différent. A l'avenir, il sera de plus en plus nécessaire, mais également de plus en plus difficile, d'apporter des témoignages de vive voix (...) Peut-être ferions-nous mieux de nous accorder la liberté d'abandonner les dispositions sur la négation et la minimisation de l'Holocauste, sur le modèle du Royaume-Uni et des Etats-Unis où de telles lois sont inexistantes, plutôt que de les généraliser sous la forme d'un accord-cadre européen définissant une législation sur les aspects litigieux de l'histoire." (02.08.2007)

La Libre Belgique - Belgique

Pour Rudolf Rezsohazy, l'Histoire ne doit pas tout justifier

Rudolf Rezsohazy, professeur de l'Université catholique de Louvain (UCL), estime qu'il n'est pas possible de régler toutes les injustices historiques au sein de l'Europe et que certains pays devraient oublier leurs revendications. "Vouloir les redresser après plusieurs générations, voire des siècles, créerait plus de malheur que de bien. (...) Deux principes s'opposent : le droit du sol et le droit des habitants. Devant la raison qui donne la priorité aux personnes par rapport à la terre sacralisée, il est évident que le droit des habitants doit primer sur le droit du sol. Celui-ci est une idéologie élaborée par un nationalisme qui vénère la terre des ancêtres, la chérit, la chante, lui prête des vertus, l'appelle 'Père' ou 'Mère'. On arrive même à la baiser comme on embrasse un crucifix. Or, le sol, en soi, est une réalité matérielle neutre. Il reçoit sa signification des hommes qui s'y établissent et le mettent en valeur. Mais, hélas, la raison a peu de prise sur la mystique." (03.08.2007)

POLITIQUE

The Economist - Royaume-Uni

La police britannique épinglée dans l'affaire Menezes

Le quotidien commente le rapport présenté jeudi 2 août par la Commission indépendante de la police [IPCC] au sujet des déclarations officielles de Scotland Yard après la mort le 22 juillet 2005 de Jean Charles de Menezes, un Brésilien tué par la police. Il avait été soupçonné, à tort, de terrorisme. "La Commission a découvert qu'en plus d'avoir complètement raté l'opération, la police a trompé le public. (...) Quand il y a eu des fuites du contenu de ce rapport vers la presse, la police a arrêté un reporter et son amie lors de deux descentes différentes à l'aube. Le rapport de cette semaine a été édulcoré après des menaces de poursuites judiciaires de la part des officiers visés par les critiques. (...) Plus la Met [police de Londres] attaque l'IPCC, plus de voix demanderont le renforcement de cette instance. Pendant ce temps, Gordon Brown, le Premier ministre, essaie de convaincre les députés de donner davantage de pouvoirs anti-terroristes à la police. C'était déjà difficile. Ce ne sera pas plus facile maintenant, alors que cette semaine nous a rappelé qu'à une occasion, les officiers ont crée un désordre meurtrier avec les pouvoirs qu'ils avaient, et qu'ils ont ensuite essayé de maquiller l'affaire." (02.08.2007)

Trouw - Pays-Bas

Quel doit être le rôle de l'armée néerlandaise ?

"La décision du ministre de la Défense Eimert Van Middelkoop [centre-gauche] de ne pas munir les frégates de la marine de missiles de croisière est un exemple du débat aux Pays-Bas sur le rôle des forces armées", estime l'éditorialiste Rob de Wijk. "Son prédécesseur, Henk Camp [libéral], voulait faire des forces armées néerlandaises une équipe de première division. En général, les politiciens de droite souhaitent que les forces armées puissent non seulement participer à des opérations de maintien de la paix, mais également mener la guerre. Les politiciens de gauche voient plus l'armée comme un outil de maintien de la paix, qui doit s'engager dans des opérations relativement peu risquées. (...) Ce débat reste une discussion typiquement néerlandaise, conforme à notre tradition de neutralité, et marque une certaine aversion traditionnelle de notre politique étrangère pour le pouvoir militaire." (03.08.2007)

I Kathimerini - Grèce

La Grèce tente de se réconcilier avec ses voisins des Balkans

Le chroniqueur Stavros Tzimas revient sur l'inauguration, le 23 juillet, par le Premier ministre grec Costas Caramanlis du bâtiment de l'amitié Grèce-Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. Celui-ci a été reconstruit grâce au Plan grec de reconstruction économique des Balkans (HIPERB). "Athènes veut mettre en avant son active participation à l'effort international de reconstruction de l'ex-Yougoslavie. Dans le même temps, la Grèce souhaite réparer la brèche dans les relations entre les deux pays, conséquence du soutien de la Grèce à la Serbie pendant la guerre. Et malgré l'accueil chaleureux qui a été fait au dirigeant grec, il y avait un sentiment de soupçon latent, voire de désapprobation, autour de sa visite. (...) Malheureusement, il apparaît que la Grèce est encore en train de payer son soutien inconditionnel au nationalisme serbe pendant la crise yougoslave. Notre attachement à [l'ancien dirigeant serbe Slobodan] Milosevic a fait de nous l'ennemi des musulmans, des Croates, des Albanais kosovars et des Slaves macédoniens, c'est-à-dire de tous les autres peuples du sud-ouest des Balkans. Cela en valait-il la peine ?" (02.08.2007)

La Repubblica - Italie

La lumière n'est toujours pas faite sur l'attentat de Bologne

Le 2 août 1980, un attentat à la bombe déchiquetait la gare de Bologne, faisant 85 morts et 200 blessés. Interviewé par Luciano Nigro, Renato Zangheri, qui était à l'époque le maire de cette ville, se félicite que "finalement, après 27 ans, on ait levé le secret d'État sur ces événements. Toutefois, il semble difficile que l'on puisse savoir un jour qui est responsable d'une telle tragédie. Il y a quelque chose qui dépasse forcément cette seule bombe. On sait déjà que les exécutant étaient des néofascistes, mais que les plans ont été décidés bien plus haut. (...) Celui qui a choisi de frapper le premier samedi du mois d'août, le jour où les grands-parents et les enfants partaient pour la mer, avait un dessein précis. (...) Il s'agissait de réaliser d'autres épisodes du même type, de déclencher un mécanisme de guerre civile. C'était un attentat contre la démocratie, là où la démocratie marchait le mieux [en Italie]." (03.08.2007)

Gândul - Roumanie

Est-il possible de rendre l'école maternelle obligatoire en Roumanie ?

La Roumanie est passé de la 34e à la 43e place dans l'étude Programme International pour le suivi des Acquis des élèves (PISA). Le ministre de l'Education Cristian Adomnitei veut maintenant réformer le système éducatif et rendre l'école maternelle obligatoire pour tous les enfants dès 3 ans. Pour Marius Nitu, "l'école maternelle obligatoire est théoriquement une mesure formidable, qui pourrait permettre de gommer les différences entre les enfants nouvellement scolarisés. Toutefois, dans la réalité, personne n'a songé que l'applicabilité d'une loi était la première condition de son succès. Ainsi, il manque près de 15 000 places en école maternelle dans la seule ville de Bucarest. Par ailleurs, dans les autres pays d'Europe, les classes de maternelle comptent seulement 20 enfants, et pas 40 à 50 comme chez nous. (...) Pour la majorité des Bucarestois, l'école maternelle est seulement un lieu pour manger, dormir et jouer. Dans les régions rurales, cette loi sera encore plus difficilement applicable, car les jeunes enfants, même lorsqu'il existe une école maternelle dans leur région, peuvent rarement s'y rendre. Car il n'existe aucun bus pour les y emmener." (03.08.2007)

ÉCONOMIE

Público - Portugal

Portugal Telecom condamné pour abus de position dominante

L'Autorité portugaise de la concurrence (Adc) a condamné Portugal Telecom (PT) à une amende record de 38 millions d'euros pour abus de position dominante. Paulo Ferreira estime que "cette condamnation, dont PT va faire appel devant les tribunaux, est une étape importante dans la défense du consommateur. Il s'agit de la première fois qu'une entreprise portugaise est sanctionnée pour ce type d'abus (…). L'histoire de PT montre que cette entreprise n'apprécie ni la concurrence ni les règles. De ce fait, elle est devenue emblématique de ces pratiques qui contribuent à faire de notre pays un territoire peu compétitif et peu concurrentiel : défense du monopole et distribution des revenus aux actionnaires aux dépens des consommateurs et de la compétitivité de l'économie. Et depuis ce matin, PT ne peut plus dire que tout cela n'est que de la médisance." (03.08.2007)

CULTURE

Rzeczpospolita - Pologne

L'Allemagne exige la restitution d'oeuvres d'art à la Pologne

Le gouvernement allemand demande à la Pologne de lui restituer les oeuvres d'art restées sur le sol polonais après la Deuxième Guerre mondiale. Pour Mariusz Muszyński et Krzysztof Rak, cette affaire démontre que la politique de réconciliation germano-polonaise, telle qu'elle est menée depuis les années 1990, est un échec. "Pour les Polonais qui connaissent leur propre histoire, cette demande des Allemands est cynique. (...) La multitude de problèmes existant actuellement entre Varsovie et Berlin reposent sur le manque de détermination et l'excès de naïveté politique de la Pologne. C'est pour cette raison que les victimes du nazisme n'ont pas été dédommagées au sens propre, mais n'ont reçu qu'une modeste indemnisation 'ex gratia' (à titre gracieux), et que les Allemands continuent de revendiquer ce qui leur appartient. En exigeant le retour de leurs biens culturels, les Allemands font de nouveau payer la Deuxième guerre mondiale aux Polonais." (03.08.2007)

Mladá fronta DNES - République tchèque

Prague a-t-elle besoin de deux opéras ?

Vaclav Jehlicka, ministre tchèque de la Culture, a annoncé l'instauration de nombreuses mesures d'économies dans le domaine culturel. Il envisage notamment la fusion des deux grands opéras de Prague, le théâtre national et l'opéra national. Selon Vera Drapelova, "dans l'euphorie des années 1990, tout semblait rose. On entendait dire que Vienne, Berlin ou Paris possédaient plus d'un opéra. Pourquoi n'en aurait-il pas été de même à Prague ? (...) L'opéra national a survécu à 15 ans d'agonie. Il ne s'est jamais clairement singularisé par rapport au théâtre national. Les opéras 'secondaires' des métropoles européennes, comme l'opéra comique de Berlin, l'opéra populaire de Vienne ou l'English National Opera de Londres, se distinguent nettement du 'premier' par des visées dramaturgiques plus larges, un répertoire étendu aux opérettes et aux comédies musicales ou des mises en scène radicales. L'opéra national de Prague n'offre rien de tout cela, mais uniquement ce que l'on peut déjà voir au théâtre national. Cette situation est intolérable." (03.08.2007)

COULEURS LOCALES

Observator Cultural - Roumanie

Philip O Ceallaigh décrit la vie à Bucarest

L'écrivain irlandais Philip O Ceallaigh vit à Bucarest depuis sept ans. L'action de son ouvrage 'Notes from a Turkish Whorehouse', pour lequel il a reçu le prix Rooney de littérature irlandaise en 2006, se déroule dans la capitale roumaine. "Bucarest n'a pas connu une croissance normale, elle ne s'est pas développée de manière organique, mais a été contrainte de grandir. Ceausescu a fait venir des gens de province, leur a fait construire des immeubles et les y a enfermés. (...) Après la chute du régime, des centaines de personnes - retraitées pour la plupart - sont restées dans ces blocs d'immeuble, dans lesquels je vis également. Ces personnes savent que malgré toute une vie de labeur, elles ne possèdent presque rien. Après 1989, elles ont connu une période de stagnation. Je me suis demandé dans mes récits comment ces personnes peuvent survivre dans une situation si absurde et désespérée." (03.08.2007)

ABC - Espagne

Une fatigante guerre des drapeaux en Espagne

Le Tribunal suprême d'Espagne a décidé, mardi 31 juillet, que l'Académie formant les policiers du Pays basque se doit d'arborer le drapeau national espagnol. Manuel Martín Ferrand, chroniqueur du quotidien, ne cache pas sa lassitude face à ce genre de batailles. "Si le fait d'être espagnol comporte certains charmes, il faut également prendre en compte la grande fatigue qu'implique l'exercice de cette nationalité. Ici, entre nous, aucun sujet n'est jamais tranché et le long catalogue des conflits découlant de notre réalité commune a vraiment quelque chose d'usant. Il n'y a qu'à voir, par exemple, la question des drapeaux, un véritable cauchemar qui, avec ses récidives monotones, est symptomatique de la maladie territoriale dont nous souffrons. (...) Par une surprenante coïncidence, les séparatistes de l'ERC demandent qu'en Catalogne, le drapeau catalan soit présent dans tous les commissariats à côté de celui de l'Espagne. Nous avançons peu de cette manière et nous nous fatiguons énormément." (03.08.2007)

 

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